*
___Envahie par l'ivresse que donne l'exaltation matinale, je m'élançai à travers le sentier rendu boueux par la pluie continuellle qui avait dominé les quatres derniers jours. Mon souffle prit une constance régulière. J'inhalais longuement les effluves de résines que l'ultime grain avait réveillé. C'est fragrances ajoutèrent à mon entrain un plaisir nouveau. L'aube s'éclipsait doucement, laissant le soleil apparaître au delà des collines couvertes de bruyères. Les joues rosie par la fraîcheur et mes trentes minutes de courses, j'autorisai mes jambes à marcher normalement. Haworth. La contrée n'avait pas changé depuis mon départ. Je cessai subitement tout mouvement pour admirer le ciel. Il n'était ni bleu,ni gris, un mélange des deux. Au loin, des nuages apparaissaient déjà,dévoilant que la pluie poursuivrait ses actions dans notre village. Les touristes devaient être bien déçus ! Venir dans la contrée des soeur Brönte pour voir tomber la pluie. Mais elle faisait partie de l'environnement. Les bouquets que laissait échapper la terre s'accentuèrent. Cette odeur familière fit ressurgir en moi de lointaines reminescences que j'avais jusqu'alors pris soin d'oublier.
___Cela paraissait tellement vieux, comme siles 1095 jours où son absence m'avait déchiré comptaient le tripple. Mais c'était il y a trois ans à peine. Au fil des jours, l'être humain apprend à ignorer sa douleur, à vivre avec, mais elle demeureprésente et lorsque l'on s'en aperçoit, cette souffrance s'intensifie. Le chagrin qui avait guidé chacune de mes nuits, je n'avais que mes yeuxpour pleurer jusqu'à n'en plus finir. Mon coeur s'était déjà envolé avec lui. Je le connaissais depuis plusd'une dizaine d'année. Il avait quatre mois et vingt-trois heures en moins que moi, mais cela ne faisait pas grande différence.
___Lui. Ses iris brunes qui chaque jour changeaient de tonalité. L'adorable fossette qui se creusait sur sa joue droite lorsque son rire harmonieux résonnait. Ses cheveux d'or désordonés, qui s'entremêlaient,légèrement ondulés. Sa douceur. Son aura de tendresse. Ses bras qui m'entouraient mieuxque quiconque. Il était tout. Ses mouvements, ses pensées, tous ses gestes, je les devinais,je les prévoyais. Mon coeur ne battaitque pour lui. Il était l'uniqueêtre à pouvoir provoquer des palpitations dans mon estomac. La moindre parcelle de ma peau en contact avec la sienne affolait tout mon système et exigeait une concentration renforcée. Il était ancré en moi comme il le restera. J'étais lui plus que je n'étais moi. L'aimer,c'était trop fort pour mon corp, trop fort pour mon esprit, trop fort pour mon coeur. Mais je l'aimais. Notre amour n'était pas fait pour durer une vie entière, il était destiné à l'éternité. Aujourd'hui encore, il subsiste alors que j'ignore où il se trouve. Tout cela était écrit.
___Alors que je poursuivais ma course sur les landes, sa voix me percuta. Elle résonna en moi.
_____<< Je veillerais sur toi de là où je serai >>
___Ses dernières paroles. Comment avais-je pu les écarter ? Si douces, harmonieuses. Prononcées d'une voix veloutée et mélodieuse. Ce miel perforait moncoeur qui, rendu fou, ne trouvait là qu'âcreté. Tous les efforts que j'avais jusqu'alors émis pour éviter la souffrance insoutenable se révélèrent vains. J'avais pleuré, tout au long de la première année sans lui. La seconde,j'avais fui. Je m'étais rendue à Londres, pour terminer mes études et les poursuivres à l'université durant la troisième. Mais j'étais bien obligée de revenir ici durant mes vacances. Cette année, mes rares amis étaient partis en voyage et ne pouvaient me donner une excuse pour ne pas retourner voir mes parents. Je ne les évitais pas. J'évitais toute pensée de douleur. Caavait plutôt bien commencé. J'avais tenu quatre jour en songeant au minimum à lui. Bien sur, je ne pouvaisempêcher mes rêves de le rejoindre, mais c'était différent. Beaucoup plus agréable. Et je ne pleurais q'une seule heure en me réveillant.
___Est-ce que l'ignorer me rendait heureuse ? Bien sur que non, il était en moi, en permanence, mais c'était certainement la meilleure chose à faire en considérant le fait que pleurer toute la journée et toute la nuit ne m'aiderait en rien à avancer. Or je le lui avais promis. J'ai trahiscette promesse durant lapremière année, maisjemesuis ressaisie.La honte s'emparait de moi lorsque je réalisais que je l'ignorai,maiselle s'enallait bien vite lorsque je me souvenais quec'était pour lui. Et cela arrivait pratiquement tout les deux jours. Malheureusement, on s'habitue à la souffrance, mais pas à l'absence.
___ A quoi bon...
___Envahie par l'ivresse que donne l'exaltation matinale, je m'élançai à travers le sentier rendu boueux par la pluie continuellle qui avait dominé les quatres derniers jours. Mon souffle prit une constance régulière. J'inhalais longuement les effluves de résines que l'ultime grain avait réveillé. C'est fragrances ajoutèrent à mon entrain un plaisir nouveau. L'aube s'éclipsait doucement, laissant le soleil apparaître au delà des collines couvertes de bruyères. Les joues rosie par la fraîcheur et mes trentes minutes de courses, j'autorisai mes jambes à marcher normalement. Haworth. La contrée n'avait pas changé depuis mon départ. Je cessai subitement tout mouvement pour admirer le ciel. Il n'était ni bleu,ni gris, un mélange des deux. Au loin, des nuages apparaissaient déjà,dévoilant que la pluie poursuivrait ses actions dans notre village. Les touristes devaient être bien déçus ! Venir dans la contrée des soeur Brönte pour voir tomber la pluie. Mais elle faisait partie de l'environnement. Les bouquets que laissait échapper la terre s'accentuèrent. Cette odeur familière fit ressurgir en moi de lointaines reminescences que j'avais jusqu'alors pris soin d'oublier.
___Cela paraissait tellement vieux, comme siles 1095 jours où son absence m'avait déchiré comptaient le tripple. Mais c'était il y a trois ans à peine. Au fil des jours, l'être humain apprend à ignorer sa douleur, à vivre avec, mais elle demeureprésente et lorsque l'on s'en aperçoit, cette souffrance s'intensifie. Le chagrin qui avait guidé chacune de mes nuits, je n'avais que mes yeuxpour pleurer jusqu'à n'en plus finir. Mon coeur s'était déjà envolé avec lui. Je le connaissais depuis plusd'une dizaine d'année. Il avait quatre mois et vingt-trois heures en moins que moi, mais cela ne faisait pas grande différence.
___Lui. Ses iris brunes qui chaque jour changeaient de tonalité. L'adorable fossette qui se creusait sur sa joue droite lorsque son rire harmonieux résonnait. Ses cheveux d'or désordonés, qui s'entremêlaient,légèrement ondulés. Sa douceur. Son aura de tendresse. Ses bras qui m'entouraient mieuxque quiconque. Il était tout. Ses mouvements, ses pensées, tous ses gestes, je les devinais,je les prévoyais. Mon coeur ne battaitque pour lui. Il était l'uniqueêtre à pouvoir provoquer des palpitations dans mon estomac. La moindre parcelle de ma peau en contact avec la sienne affolait tout mon système et exigeait une concentration renforcée. Il était ancré en moi comme il le restera. J'étais lui plus que je n'étais moi. L'aimer,c'était trop fort pour mon corp, trop fort pour mon esprit, trop fort pour mon coeur. Mais je l'aimais. Notre amour n'était pas fait pour durer une vie entière, il était destiné à l'éternité. Aujourd'hui encore, il subsiste alors que j'ignore où il se trouve. Tout cela était écrit.
___Alors que je poursuivais ma course sur les landes, sa voix me percuta. Elle résonna en moi.
_____<< Je veillerais sur toi de là où je serai >>
___Ses dernières paroles. Comment avais-je pu les écarter ? Si douces, harmonieuses. Prononcées d'une voix veloutée et mélodieuse. Ce miel perforait moncoeur qui, rendu fou, ne trouvait là qu'âcreté. Tous les efforts que j'avais jusqu'alors émis pour éviter la souffrance insoutenable se révélèrent vains. J'avais pleuré, tout au long de la première année sans lui. La seconde,j'avais fui. Je m'étais rendue à Londres, pour terminer mes études et les poursuivres à l'université durant la troisième. Mais j'étais bien obligée de revenir ici durant mes vacances. Cette année, mes rares amis étaient partis en voyage et ne pouvaient me donner une excuse pour ne pas retourner voir mes parents. Je ne les évitais pas. J'évitais toute pensée de douleur. Caavait plutôt bien commencé. J'avais tenu quatre jour en songeant au minimum à lui. Bien sur, je ne pouvaisempêcher mes rêves de le rejoindre, mais c'était différent. Beaucoup plus agréable. Et je ne pleurais q'une seule heure en me réveillant.
___Est-ce que l'ignorer me rendait heureuse ? Bien sur que non, il était en moi, en permanence, mais c'était certainement la meilleure chose à faire en considérant le fait que pleurer toute la journée et toute la nuit ne m'aiderait en rien à avancer. Or je le lui avais promis. J'ai trahiscette promesse durant lapremière année, maisjemesuis ressaisie.La honte s'emparait de moi lorsque je réalisais que je l'ignorai,maiselle s'enallait bien vite lorsque je me souvenais quec'était pour lui. Et cela arrivait pratiquement tout les deux jours. Malheureusement, on s'habitue à la souffrance, mais pas à l'absence.
___ A quoi bon...